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Freud, Étude de Introduction à la Psychanalyse 9ème partie

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Étude de Introduction à la Psychanalyse de Freud, 9ème partie

Freud explique ce qu’il considère être le rôle de la fantaisie dans la névrose. Sans doute parle-t’il de cette fantaisie primitive phylogénique.

 « Comment la libido trouve-t-elle le chemin qui doit la conduire à ces points de fixation? Eh bien, les objets et directions abandonnés par la libido ne le sont pas d'une façon complète et absolue. Ces objets et directions ou leurs dérivés, persistent encore avec une certaine intensité dans les représentations de la fantaisie. Aussi suffit-il à la libido de se reporter à ces représentations pour retrouver le chemin qui doit la conduire à toutes ces fixations refoulées. Ces représentations imaginaires avaient joui d'une certaine tolérance, il ne s'est pas produit de conflit entre elle et le moi, quelque forte que pût être leur opposition avec celui-ci, mais cela tant qu'une certaine condition était observée, condition de nature quantitative et qui ne se trouve troublée que du fait du reflux de la libido vers les objets imaginaires. Par suite de ce reflux, la quantité d'énergie inhérente à ces objets se trouve augmentée au point qu'ils deviennent exigeants et manifestent une poussée vers la réalisation. Il en résulte un conflit entre eux et le moi. Qu'ils fussent autrefois conscients ou préconscients, ils subissent à présent un refoulement de la part du moi et sont livrés à l'attraction de l'inconscient. Des fantaisies maintenant inconscientes, la libido remonte jusqu'à leurs origines dans l'inconscient,jusqu'à ses propres points de fixation. »

Ici, Freud utilise le mot « introversion » qu’il attribue à C.G. Jung tout en manifestant un désaccord quand à son sens succinct.

« La régression de la libido vers les objets imaginaires, ou fantaisies, cons­titue une étape intermédiaire sur le chemin qui conduit à la formation de symptômes. Cette étape mérite, d'ailleurs, une désignation spéciale. C.G. Jung avait proposé à cet effet l'excellente dénomination d'introversion, à laquelle il a d'ailleurs fort mal à propos fait désigner aussi autre chose. Quant à nous, nous désignons par introversion l'éloignement de la libido des possi­bilités de satisfaction réelle et son déplacement sur des fantaisies considérées jusqu'alors comme inoffensives. Un introverti, sans être encore un névrosé, se trouve dans une situation instable ; au premier déplacement des forces, il présentera des symptômes névrotiques s'il ne trouve pas d'autre issue pour sa libido refoulée. »

Freud termine ce chapitre en faisant état de l’importance d’introduire le quantitatif dans tout ce qualitatif. La dynamique n’est pertinente que dans un rapport quantitatif pertinent. Certains auront plus de « libido » que d’autres de façon innée et cette quantité de « libido » sera problématique en rapport avec la quantité d’inhibition du moi et la quantité individuelle de sublimation.

« L'analyse purement qualitative des conditions étiolo­giques n'est pas exhaustive. Ou, pour nous exprimer autrement, une concep­tion purement dynamique des processus psychiques qui nous intéressent est insuffisante ; nous avons encore besoin de les envisager au point de vue économique. Nous devons nous dire que le conflit entre deux tendances n'éclate qu'à partir du moment où certaines intensités se trouvent atteintes, alors même que les conditions découlant des contenus de ces tendances existent depuis longtemps. De même, l'importance pathogénique des facteurs constitutionnels dépend de la prédominance quantitative de l'une ou de l'autre des tendances partielles en rapport avec la disposition constitutionnelle. On peut même dire que toutes les prédispositions humaines sont qualitativement identiques et ne diffèrent entre elles que par leurs proportions quantitatives. Non moins décisif est le facteur quantitatif au point de vue de la résistance à de nouvelles affections névrotiques. Tout dépend de la quantité de la libido inemployée qu'une personne est capable de contenir à l'état de suspension, et de la fraction plus ou moins grande de cette libido qu'elle est capable de détourner de la voie sexuelle pour l'orienter vers la sublimation. Le but final de l'activité psychique qui, au point de vue qualitatif, peut être décrit comme une tendance à acquérir du plaisir et à éviter la peine, apparaît, si on l'envisage au point de vue économique, comme un effort pour maîtriser les masses (grandeurs) d'excitations ayant leur siège dans l'appareil psychique et d'empêcher la peine pouvant résulter de leur stagnation. »

En post-scriptum de ce chapitre, après nous avoir rappelé que l’on ne parlait jusqu’ici que de névrose hystérique, Freud nous parle des artistes en revenant sur le concept d’introversion.

« Avant de terminer cette leçon, je voudrais encore attirer votre attention sur un côté des plus intéressants de la vie imaginative. Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité : c'est l'art. L'artiste est en même temps un introverti qui frise la névrose. Animé d'impulsions et de tendances extrêmement fortes, il voudrait conquérir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes. Mais les moyens lui manquent de se procurer ces satisfactions. C'est pourquoi, comme tout homme insatisfait, il se détourne de la réalité et concentre tout son intérêt, et aussi sa libido, sur les désirs créés par sa vie imaginative, ce qui peut le conduire facilement à la névrose. Il faut beaucoup de circonstances favorables pour que son dévelop­pement n'aboutisse pas à ce résultat ; et l'on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d'un arrêt partiel de leur activité par suite de névroses. Il est possible que leur constitution comporte une grande aptitude à la subli­mation et une certaine faiblesse à effectuer des refoulements susceptibles de décider du conflit. Et voici comment l'artiste retrouve le chemin de la réalité. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il n'est pas le seul à vivre d'une vie imagi­native. Le domaine intermédiaire de la fantaisie jouit de la faveur générale de l'humanité, et tous ceux qui sont privés de quelque chose y viennent chercher compensation et consolation.

Mais les profanes ne retirent des sources de la fantaisie qu'un plaisir limité. Le caractère implacable de leurs refoulements les oblige à se contenter des rares rêves éveillés dont il faut encore qu'ils se rendent conscients. Mais le véritable artiste peut davantage. Il sait d'abord donner à ses rêves éveillés une forme telle qu'ils perdent tout caractère per­sonnel susceptible de rebuter les étrangers, et deviennent une source de jouissance pour les autres. Il sait également les embellir de façon à dissimuler complètement leur origine suspecte. Il possède en outre le pouvoir mystérieux de modeler des matériaux donnés jusqu'à en faire l'image fidèle de la repré­sentation existant dans sa fantaisie et de rattacher à cette représentation de sa fantaisie inconsciente une somme de plaisir suffisante pour masquer ou supprimer, provisoirement du moins, les refoulements. Lorsqu'il a réussi à réaliser tout cela, il procure à d'autres le moyen de puiser à nouveau soulage­ment et consolation dans les sources de jouissances, devenues inaccessibles, de leur propre inconscient; il s'attire leur reconnaissance et leur admiration et a finalement conquis par sa fantaisie ce qui auparavant n'avait existé que dans sa fantaisie : honneurs, puissance et amour des femmes. »

Dans le chapitre XXIV, Freud traite de ce qu’il appelle la « Nervosité commune »  et il est difficile en notre temps de bien saisir le sens de ce terme. Ce chapitre se résume toutefois assez bien si l’on ne cherche pas trop les exactitudes. Freud considère qu’il existe des pathologies nerveuses somatiques qu’il appelle les névroses actuelles en opposition à ce que sont les psychonévroses, ces dernières étant celles que nous avons vues à date. Les névroses actuelles ont la forme simple des autres maladies somatiques sauf qu’elles sont des maladies nerveuses voire mentales. Dans cette catégorie se retrouvent les pathologies suivantes : La neurasthénie, la névrose d'angois­se et l'hypocondrie. Ces affections se retrouvent bien réelles en dehors de toute manifestation psychologique et leur symptômes ne sont pas indicateurs ou évocateurs de psychonévrose. Cependant, les symptômes de l’hystérie non plus, en soi, n’évoquent pas la psychonévrose. C’est au cours de l’analyse que l’hystérie se déclare être la cause des symptômes par dérivation de la libido mais le névrosé actuel pourra avoir les mêmes symptômes découlant d’une maladie somatique mentale.

En fait, dans ce chapitre, Freud justifie son omission d’avoir commencé ses leçons par l’étude des névroses en commençant par les névroses actuelles en rappelant que seule la psychonévrose est concernée par la psychanalyse. Une flèche est d’ailleurs lancée à un dissident :

« Ceux qui, sans se laisser décourager par ces avertissements, prennent les fausses indications du moi pour des espèces sonnantes, auront certainement beau jeu et échapperont à tous les obstacles qui s'opposent à l'interprétation psychanalytique de l'inconscient, de la sexualité et de la passivité du moi. Ceux-là pourront affirmer, comme le fait Alfred Adler, que c'est le « caractère nerveux » qui est la cause de la névrose, au lieu d'en être 1'effet, mais ils seront aussi incapables d'expliquer le moindre détail de la formation de symptômes ou le rêve le plus insignifiant. »

L’auteur n’est pas rendu à Adler encore dans son étude mais pour le peu que j’ai pu lire des ses théories, il me semblerait bien être un des moins brillants dissidents de Freud.

Pour ce qui est du rôle du « moi » dans les névroses, il est variable surtout selon le type de névrose. La névrose traumatique par exemple est celle qui présente le plus un rôle important du moi.

« Mais il est une attitude du moi à l'égard de sa névrose qui est tellement frappante qu'elle aurait pu être prise en considération dès le commencement. Elle ne semble manquer dans aucun cas, mais elle ressort avec une évidence particulière dans une affection que nous ne connaissons pas encore : dans la névrose traumatique. »

« C'est ainsi que dans les névroses traumatiques, surtout dans celles provo­quées par les horreurs de la guerre, nous découvrons un mobile personnel, égoïste, utilitaire, défensif, mobile qui, s'il est incapable de créer à lui seul la maladie, contribue à l'explosion de celle-ci et la maintient lorsqu'elle s'est formée. Ce motif cherche à protéger le moi contre les dangers dont la menace a été la cause occasionnelle de la maladie, et il rendra la guérison impossible tant que le malade ne sera pas garanti contre le retour des mêmes dangers ou tant qu'il n'aura pas reçu de compensation pour y avoir été exposé. »

En général, le moi trouvera son compte dans les symptômes de la  névrose car ils permettent un équilibre précaire relatif mais réel. En même temps, il est impossible que la névrose amène la vraie sérénité. La névrose n’est donc qu’un mal parfois nécessaire. En d’autres termes, l’épanchement nerveux névrotique causera des symptômes dans l’individu plutôt que de causer du tort à autrui par exemple par une violence ou un acte sexuel aberrant. Le moi exerce un choix plus ou moins éclairé en quelque sorte basé sur le principe du plaisir. Ce serait, par exemple, la peur d’être jeté en prison qui empêcherait certains épanchements de rage qui, alors dérivés ailleurs, causeraient des symptômes névrotiques plutôt que quelque bonté d’âme ou altruisme non pathologique.

« Dans les cas ordinaires, le fait de se réfugier dans la névrose procure au moi un certain avantage d'ordre interne et de nature morbide, auquel vient s'ajouter, dans certaines situations, un avantage extérieur évident, mais dont la valeur réelle peut varier d'un cas à l'autre. Prenons l'exemple le plus fréquent de ce genre. Une femme, brutalement traitée et exploitée sans ménagements par son mari, trouve à peu près régulièrement un refuge dans la névrose lorsqu'elle y est aidée par ses dispositions, lorsqu'elle est trop lâche ou trop honnête pour entretenir un commerce secret avec un autre homme, lorsqu'elle n'est pas assez forte pour braver toutes les conventions extérieures et se séparer de son mari, lorsqu'elle n'a pas l'intention de se ménager et de chercher un meilleur mari et lorsque, par-dessus tout cela, son instinct sexuel la pousse, malgré tout, vers cet hom­me brutal. Sa maladie devient pour elle une arme dans la lutte contre cet homme dont la force l'écrase, une arme dont elle peut se servir pour sa défense et dont elle peut abuser en vue de la vengeance. Il lui est permis de se plaindre de sa maladie, alors qu'elle ne pouvait pas se plaindre de son mariage. Trouvant dans le médecin un auxiliaire, elle oblige son mari qui, dans les circonstances normales, n'avait pour elle aucun égard, à la ménager, à faire pour elle des dépenses, à lui permettre de s'absenter de la maison et d'échapper ainsi pour quelques heures à l'oppression que le mari fait peser sur elle. Dans les cas où l'avantage extérieur ou accidentel que la maladie procure ainsi au moi est considérable et ne peut être remplacé par aucun autre avantage plus réel, le traitement de la névrose risque fort de rester inefficace. »

Il est clair que selon Freud, le moi ne peut créer la névrose mais tout au plus se complaire dans cette dernière. Néanmoins il faut considérer ceci :

« Dans la mesure où la névrose présente des avantages, le moi s'en accommode fort bien, mais elle ne présente pas toujours des avan­tages. On constate généralement qu'en se laissant glisser dans la névrose, le moi a fait une mauvaise affaire. Il a payé trop cher l'atténuation du conflit, et les sensations de souffrance, inhérentes aux symptômes, si elles sont peut-être équivalentes aux tourments du conflit qu'elles remplacent, n'en déterminent pas moins, selon toute probabilité, une aggravation de l'état pénible. Le moi voudrait bien se débarrasser de ce que les symptômes ont de pénible, sans renoncer aux avantages qu'il retire de la maladie, mais il est impuissant à obtenir ce résultat. On constate à cette occasion, et c'est là un point à retenir, que le moi est loin d'être aussi actif qu'il le croyait. »

Toutefois, Freud tient à ce qu’il soit clair que toutes les formes de névrose soient causées directement ou indirectement par ce qu’il appelle « la libido » et qu’il identifie clairement à une « énergie sexuelle » alors que l’auteur trouve que les passages qui suivent comme l’ensemble des théories Freudiennes n’ont de sens que si l’on fait parfois la traduction de « libido » en « énergie vitale » ou « énergie psychique ».

« Dans les formes ordinaires des névro­ses dites actuelles, le rôle étiologique de la vie sexuelle constitue un fait brut, qui s'offre de lui-même à l'observation. Je me suis heurté à ce fait il y a plus de vingt ans lorsque je m'étais un jour demandé pourquoi on s'obstine à ne tenir aucun compte, au cours de l'examen des nerveux, de leur activité sexuelle. J'ai alors sacrifié à ces recherches la sympathie dont je jouissais auprès des malades, mais il ne m'a pas fallu beaucoup d'efforts pour arriver à cette constatation que la vie sexuelle normale ne comporte pas de névrose (de névrose actuelle, veux-je dire). Certes, cette proposition fait trop bon marché des différences individuelles des hommes et elle souffre aussi de cette incertitude qui est inséparable du mot « normal », mais, au point de vue de l'orientation en gros, elle garde encore aujourd'hui toute sa valeur. J'ai pu alors établir des rapports spécifiques entre certaines formes de nervosité et certains troubles sexuels particuliers, et je suis convaincu que si je disposais des mê­mes matériaux, du même ensemble de malades, je ferais encore aujourd'hui des observations identiques.

Il m'a souvent été donné de constater qu'un homme, qui se contentait d'une certaine satisfaction incomplète, par exemple de l'onanisme manuel, était atteint d'une forme déterminée de névrose actuel­le, laquelle cédait promptement sa place à une autre forme, lorsque le sujet adoptait un autre régime sexuel, mais tout aussi peu recommandable. 1l me fut ainsi possible de deviner un changement dans le mode de satisfaction sexuelle d'après le changement de l'état du malade. J'avais pris l'habitude de ne pas renoncer à mes suppositions et à mes soupçons tant que je n'avais pas réussi à vaincre l'insincérité du malade et à lui arracher des aveux. Il est vrai que les malades préféraient alors s'adresser à d'autres médecins qui mettaient moins d'insistance à se renseigner sur leur vie sexuelle.

Il ne m'a pas non plus échappé alors que l'étiologie de l'état morbide ne pouvait pas toujours être ramenée à la vie sexuelle. Si tel malade a été direc­tement affecté d'un trouble sexuel, chez tel autre ce trouble n'est survenu qu'à la suite de pertes pécuniaires importantes ou d'une grave maladie organi­que. L'explication de cette variété ne nous est apparue que plus tard, lorsque nous avons commencé à entrevoir les rapports réciproques, jusqu'alors seule­ment soupçonnés, du moi et de la libido, et notre explication devenait de plus en plus satisfaisante à mesure que les preuves de ces rapports devenaient plus nombreuses. Une personne ne devient névrosée que lorsque son moi a perdu l'aptitude à réprimer sa libido d'une façon ou d'une autre. Plus le moi est fort, et plus il lui est facile de s'acquitter de cette tâche ; tout affaiblissement du moi, quelle qu'en soit la cause, est suivi du même effet que l'exagération des exigences de la libido et fraie par conséquent la vole à l'affection névrotique. Il existe encore d'autres rapports plus intimes entre le moi et la libido ; mais comme ces rapports ne nous intéressent pas ici, nous nous en occuperons plus tard. Ce qui reste pour nous essentiel et instructif, c'est que dans tous les cas, et quel que soit le mode de production de la maladie, les symptômes de la névrose sont fournis par la libido, ce qui suppose une énorme dépense de celle-ci. »

Ici, l’auteur réagit : Je ne crois pas même en traduisant le terme libido en énergie psychique que la phrase soulignée plus haut par l’auteur: « Une personne ne devient névrosée que lorsque son moi a perdu l'aptitude à réprimer sa libido d'une façon ou d'une autre » exprime une possibilité. Je ne crois pas qu’on puisse réprimer quoi que ce soit sans en payer ou en faire payer le prix et il ne pourrait exister d’aptitudes naturelles permettant de le faire; Cela serait contre la logique et la physique.

Dans le prochain passage, l’auteur croit voir émerger une « hypothèse » sur les hormones sexuelles. Selon Freud, les mêmes « toxines » sexuelles qui pourraient être la cause des symptômes névrotiques actuels serait aussi la cause des symptômes névrotiques de psychonévrose. Freud tente de supposer un fait médicalement tangible mais encore très mal connu de sa « libido ». Il donne même en exemple les cas d’hyperthyroïdie appelés « maladie de Basedow ».

« La parenté entre ces deux groupes d'affections devient encore plus intime à la faveur d'états morbides que nous attribuons, comme c'est le cas de la maladie de Basedow, à l'action de substances toxi­ques qui, au lieu d'être introduites dans le corps du dehors, se sont formées dans l'organisme lui-même. Ces analogies nous imposent, à mon avis, la conclusion que les névroses actuelles résultent de troubles du métabolisme des substances sexuelles, soit qu'il se produise plus de toxines que la personne n'en peut supporter, soit que certaines conditions internes ou même psychi­ques troublent l'utilisation adéquate de ces substances. La sagesse populaire a toujours professé ces idées sur la nature du besoin sexuel en disant de l'amour qu'il est une « ivresse », produite par certaines boissons, ou filtres, auxquelles elle attribue d'ailleurs une origine exogène. Au demeurant, le terme « métabo­lisme sexuel » ou « chimisme de la sexualité » est pour nous un moule sans contenu ; nous ne savons rien sur ce sujet et ne pouvons même pas dire qu'il existe deux substances dont l'une serait « mâle », l'autre « femelle », ou si nous devons nous contenter d'admettre une seule toxine sexuelle qui serait alors la cause de toutes les excitations de la libido. L'édifice théorique de la psychanalyse, que nous avons créé, n'est en réalité qu'une superstructure que nous devons asseoir sur sa base organique. Mais cela ne nous est pas encore possible. »

L’angoisse fait l’objet du chapitre XXV. Freud identifie l’angoisse réelle pour la distinguer de l’angoisse névrotique :

« Vous me comprendrez sans autre explication si je dési­gne cette angoisse sous le nom d'angoisse réelle, par opposition à l'angoisse névrotique. Or, l'angoisse réelle nous apparaît comme quelque chose de très rationnel et compréhensible. Nous dirons qu'elle est une réaction à la perception d'un danger extérieur, c'est-à-dire d'une lésion attendue, prévue, qu'elle est associée au réflexe de la fuite et qu'on doit par conséquent la considérer comme une manifestation de l'instinct de conservation. Devant quels objets et dans quelle situation l'angoisse se produit-elle? Cela dépend naturellement en grande partie du degré de notre savoir et de notre sentiment de puissance en face du monde extérieur. Nous trouvons naturelles la peur qu'inspire au sauvage la vue d'un canon et l'angoisse qu'il éprouve lors d'une éclipse du soleil, alors que le blanc qui sait manier le canon et prédire l'éclipse n'éprouve devant l'un et l'autre aucune angoisse. Parfois, c'est le fait de trop savoir qui est cause de l'angoisse, parce qu'on prévoit alors le danger de très bonne heure. C'est ainsi que le sauvage sera pris de peur en apercevant dans la forêt une piste qui laissera indifférent un étranger, parce que cette piste lui révélera le voisinage d'une bête fauve, et c'est ainsi encore que le marin expérimenté regardera avec effroi un petit nuage qui s'est formé dans le ciel, nuage qui ne signifie rien pour le voyageur, tandis qu'il lui annonce à lui l'approche d'un cyclone. »

Le mot « angoisse » doit aussi être précisé :

« Il me semble que l'angoisse se rapporte à l'état et fait abstraction de l'objet, taudis que dans la peur l'attention se trouve précisément concentrée sur l'objet. Le mot terreur me semble, en revanche, avoir une signification toute spéciale, en désignant notamment l'action d'un danger auquel on n'était pas préparé par un état d'angoisse préalable. On petit dire que l'homme se défend contre la terreur par l'angoisse. »

L’angoisse est donc un état affectif. Freud nous dit dans ce chapitre qu’un état affectif est comparable à une crise d’hystérie et que la théorie de James-Lange est incompréhensible pour les psychanalystes. Nous l’avons vu dans l’ouvrage « The principles of psychology » de William James que ce dernier est d’avis que c’est la réponse physique à un événement qui est ressentie lors d’une émotion. Donc, selon les psychologues William James et Carl Lange, l'émotion ne serait qu’une perception, celle qu'une personne peut avoir de ses réactions physiques. Ainsi, à tout événement correspondrait des réactions physiques que l'organisme interpréterait en émotion. L’auteur de ces pages n’est pas fixé  pour ou contre cette théorie et il se garde des réserves.

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